Transports publics et circulation (3)

Publié le par Vladimir Bukolic

D´aucuns diront que je fais chier avec mes transports à la con, que je ferai mieux de faire des photos d´église avec pleins de vitraux et de bigots, et puis d´écrire à côté des textes avec des dates super anciennes, des noms de saints à coucher dehors, et puis du sang versé dans des batailles héroiques. Eh bien à ces d´aucuns je dirais « do riti » (le premier qui trouve ce que ça veut dire je lui paie un coup).

Retour en Hongrie, pays de mes amours blogiques premières. Dans le métro de Budapest, les contrôleurs sont toujours groupés par trois devant les entrées des stations. Comme si leur employeur avait voulu les frustrer du collègue supplémentaire indispensable à la pratique de la belote (salauds de patron!). Leur anglais se limite à quelques grognements vaguement britannisant et à des répliques tirés des films américains non doublés. Les vendeuses de tickets au guichet ne prennent elles même pas cette peine et c´est plus dérangeant. A nos questions simples enveloppées d´un accent angliche plus que potable, elles ont systématiquement opposé une expression maussade un peu dégoûtée,comme si on venait de leur souffler quelque insanité. Faut pas leur faire à elles, elles ont reconnu les paroles vulgaires des chansons américaines. Pressées d´avoir de nouveau affaire à des clients civilisés (donc hongrois), elles nous balaient rapidement de la main en direction d´un collègue imaginaire qui potentiellement aurait fait un voyage en 100_1135.JPGAngleterre quand il avait quinze ans.

Tout au long de notre séjour nous n´avons donc recu d´information sur les transports que de la part de sympathiques passantes Hongroises. Elles n´ont pas hésité non seulement à proposer d´elles-mêmes leur aide, mais en plus à consacrer le quart d´heure nécessaire à la résolution complète et sans bavure du problème. Jonglant avec un anglais plus évolué que nos quatre fois cinq ans d´étude réunis et un hongrois qui surpassait nos quatre fois trois mots, elles remplissaient un rôle de médiateur entre les touristes et les contrôleurs sans la moindre contrepartie financière ni des uns, ni des autres. Dieu, comme il paraît que c´est toi qui a foutu ce bordel, je vais te donner un conseil pour te rattraper :       Le Monsieur montre la sortie
si tu dois repeupler le monde après la catastrophe écologique planétaire qui nous pend au nez, fais-le avec des Hongrois. Par contre, ne leur apprend pas le Français (on voit en ce moment le résultat que ça peut donner).

Revenons à notre sujet des transports (vu ma capacité à l´ellipse vous allez voir cette formule assez fréquemment surtout si vous venez souvent hantez ces cyberlieux). Les Hongrois sont les auteurs d´une innovation technologique majeure dans leurs tramways : l´oblitérateur qui ne fonctionne qu´avec eux-mêmes. On a bien essayé de le retourner, de le démonter, pas moyen d´y décapiter le petit morceau de papier orange. Alors que le local, d´un « bocsanat »ferme mais poli nous prie de nous ranger s´il nous plaît parce que les touristes c´est gentil mais y´en a qui sont pressés. Il s´approche de la machine infernale d´une maniére désinvolte et « CLAC ! », d´un geste souple, enlevé, comme un escrimeur, il composte son billet DU PREMIER COUP !

Nous on se retient d´applaudir, de tendre notre billet pour qu´il y appose sa signature de champion. On se dit qu´on a du chemin à faire pour égaler un tel niveau de compostage. Que même avec des heures d´entraînements, on arrivera pas à acquérir une telle aisance naturelle, une telle fluidité dans le geste.

Et puis on descend parce qu´on est arrivé à « Moskva Tér », but de notre déplacement ; partagés entre le goût amer de l´échec et la satisfaction d´avoir économisé un ticket.

Publié dans En Hongrie

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S
Je vois que l'Infâme Vladimir Bukolic (appelé IVB) cache soigneusement l'existence de mon contre blog qui démontre la fatuité de Complétemnt à l'Est. Voyez donc le blog Pas du tout à l'Ouest : http://pasdutoutalouest.over-blog.com .
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M
Je ne crois pas, il est bien trop beau pour descendre de cette lignée!
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V
Oui, un descendant de la lignée Sarközy, je crois !
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M
Quel bel homme sur la photo, quelle classe! C'est un vrai hongrois?
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Y
Do riti???
Bien sûr que je connais. C'était une emission télé pendant ma jeunesse. Mais je ne savais pas que le club do riti, ca s'ecrivait comme ça...
J'ai gagné une bière???
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