Comme Berlusconi, le Nonobstan brise les tabous

Publié le par Vladimir Bukolic

"Mieux vaut avoir la passion des belles femmes qu´être gay". Cette citation est de Silvio Berlusconi, le premier ministre italien. Prononcée pour défendre ses fréquentations pour le moins juvénile qui font la Une de tous les journaux. 

Qui a dit que les élites s´étaient éloignées du peuple ? Il est des thèmes où les politiques se comportent et s´expriment comme le plus abject rejeton des masses grouillantes qui les ont élus. Finie la lutte des classes, l'habitus social cher à Bourdieu. Les extrêmes se retrouvent, accoudés au comptoir et font ce vieux rêve qui sied à tout pilier de bar : refaire le monde. La seule différence est que les uns en ont les moyens, la majorité non.

Mais Il Cavaliere est loin d'être le seul politicien dans ce cas. On se souvient de Nicolas Sarkozy lors de son interview pour Philosophie magazine avait émis des théories scientifiques douteuses quant à l'homosexualité : "Sarkozy a estimé que l'homosexualité comme la pédophilie, c'est génétique", témoigne le philosophe (Onfray, pas Sarkozy...) dans Le Canard enchaîné du 18 avril 2007. Ou encore Christian Vanneste condamné en première instance pour ses propos discriminatoires. Le député du Nord avait affirmé que l'homosexualité était inférieure à l'hétérosexualité." Oui mais la justice manquant de courage a annulé la condamnation en cassation. Et re-belote en mai 2005, il s'attaque sur son blog à "l'atelier sémantique gay" qui a fait de la "pédophilie" un crime et de "l'homosexualité" une vertu. Denis Tillinac vole à son secours. Parce que c'est bien de dire ce qu'on pense et qu'il faut pas mentir. Ils ont bien retenu les leçons de maman, ces petits.

 

La semaine de la libre expression


Au Nonobstan, indigné par le terrorisme intellectuel qui empêche les justes de dire des choses justes et fait obstacle aux véritaires qui disent rien que la vérité, on a lancé la "semaine de la libre expression" sous le saint patronnage d'Eric Zeymour . Une semaine où chacun dit qu'est-ce qu'il veut à qui c'est qu'il veut. On peut enfin s'offusquer à haute voix de ce que l'autre est différent et que quand même, il pourrait faire un effort pour être comme tout le monde, c'est à dire comme moi, c'est simple comme papa dans maman. Y'a qu'a suivre le modèle. Le Premier Ministre Amonpostov à l'origine de l'initiative a ouvert le bal par cette phrase : "Qu'est ce que ça peut me faire chier de diriger tous ces Nonobbes inférieurs, heureusement qu'ils comprennent rien à rien et qu'on peut leur dire n'importe quoi !" Le ton était donné et il n'a pas baissé pendant toute la semaine.

Certains ont toutefois été capable de s'adapter comme l'ancien ministre de la culture Chaupin : "Les homosexuels sont des personnes comme les autres et leur culture recèle de nouveautés dont chacun peut apprendre." Ce ramassis de mièvre tolérance teintée d'humanisme en a fait vomir plus d'un à l'occasion de cette semaine de la libre expression et plus d'un s'est empressé de lui casser la gueule pour lui faire entendre raison.

Les amalgames que la fausse bienséance interdit pouvaient enfin être faits dans la joie et la bonne humeur : "tous les Musulmans sont arabes", "tous les Arabes sont terroristes", "tous les politiciens de droite ont un balais dans le cul" (là je leur donne pas tort), etc. 


Les dialogues étaient nettement simplifiés :

Au lieu de : "je ne pense pas que la présence d'..........* sur notre territoire soit négative mais il ne nous est pas possibe d'accueillir toute la misère du monde, vous comprenez ? "

=> "Cassez-vous, les .........* , vous puez et vous volez les Nonobbes."

Au lieu de : "Nous subissons les conséquences de 50 années d'immigration non régulée"

=> "Tous nos problèmes, c'est tous la faute aux étrangers."

ou encore, en lieu et place de "Je comprends les problèmes de la jeunesse aujourd'hui mais je ne peux pas me permettre d'être laxiste."

=>"Vous en avez assez de cette bande de racailles, hein?! On va vous en débarrasser !"

*remplacer par le nom d'une minorité quelconque


Tout ça, ça dégage la rate, le foie et l'intestin en même temps. Mmmh ! Pendant une semaine, les Nonobbes ont fait plus pipi et caca qu'en un an et on serait à deux doigts de remercier le Premier ministre si l'expérience n'avait tourné cours. En effet, au bout d'un jours, les premiers Nonobbes commençait à se castagner pour arriver trois jours plus tard à un pugilat général, après cinq jours à une vague de divorces. A la fin de la semaine, la moitié du pays avait émigré.

Le problème, c'est que tout le monde appartenait à au moins une minorité...

 

 

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